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La courbe d'expatriation

L'expatriation est une aventure humaine extraordinaire, mais elle est loin d'être un long fleuve tranquille. Que vous partiez pour le travail, les études ou un projet de vie, vous passerez presque inévitablement par des montagnes russes émotionnelles. C’est ce que les psychologues appellent la courbe de l’expatriation (ou courbe en "U"). Comprendre ces phases permet de déculpabiliser et de mieux anticiper les défis qui vous attendent.


Les 4 phases du cycle de l'expatrié


1. La phase de "Lune de Miel"

C'est le moment du départ et des premières semaines. Tout est nouveau, beau et excitant. Vous êtes dans une posture de touriste : vous admirez l'architecture, vous testez la gastronomie locale et les petits désagréments (comme l'administration ou les transports) sont perçus comme des anecdotes amusantes.

  • Émotion dominante : L'euphorie.


2. Le "Choc Culturel" (Le creux de la vague)

Après quelques mois, la réalité s'installe. La barrière de la langue devient fatigante, les codes sociaux vous échappent et vos proches vous manquent. C'est ici que l'on réalise que l'on ne "connaît" pas vraiment le pays. On peut ressentir de l'isolement, de l'irritabilité ou une nostalgie excessive du pays d'origine.

  • Émotion dominante : La frustration ou l'anxiété.


3. La phase d'Ajustement

Petit à petit, vous reprenez le dessus. Vous commencez à décoder les comportements locaux et à créer votre propre routine. Vous ne comprenez peut-être pas tout, mais vous savez comment naviguer dans votre nouvel environnement. C'est le moment où l'on se sent enfin "chez soi" dans son quartier.

  • Émotion dominante : La confiance retrouvée.


4. L'Intégration (ou Maîtrise)

C'est le stade de la biculturalité. Vous appréciez les aspects positifs de votre pays d'accueil tout en gardant un regard critique et constructif. Vous êtes capable de fonctionner efficacement dans les deux cultures. L'expatriation est réussie.

  • Émotion dominante : La sérénité.


Le fondement théorique : La courbe de Lysgaard

Ce concept n'est pas qu'une simple impression ressentie par les voyageurs ; il a été théorisé dès 1955 par le sociologue Sverre Lysgaard. Après avoir étudié des étudiants boursiers norvégiens aux États-Unis, il a mis en lumière ce processus d'adaptation en forme de "U". Plus tard, en 1960, l'anthropologue Kalervo Oberg a popularisé le terme de "Choc Culturel", le définissant comme une véritable pathologie professionnelle liée à la perte de tous les signes et symboles familiers des rapports sociaux.


3 conseils pour surmonter le choc culturel

  1. Acceptez vos émotions : Il est normal de se sentir triste ou en colère. Ne vous comparez pas aux photos "parfaites" des autres expatriés sur Instagram.

  2. Sortez de votre bulle : S'entourer d'expatriés de sa propre nationalité rassure, mais aller vers les locaux est la clé pour réduire l'incertitude et comprendre les codes.

  3. Gardez une routine : Le cerveau a besoin de repères. Que ce soit le sport, un café le samedi matin ou un appel hebdomadaire à la famille, ces ancrages stabilisent votre moral.

Le saviez-vous ? Il existe aussi une "courbe en W". Elle inclut le choc culturel inversé que l'on ressent lors du retour définitif dans son pays d'origine, une étape souvent plus difficile que le départ lui-même !

Source : Lysgaard, S. (1955). "Adjustment in a foreign society: Norwegian Fulbright grantees visiting the United States". International Social Science Bulletin.




 
 
 

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