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Tout a commencé avec un voyage en Italie. Tsé, le genre e voyage qui te reste dans la tête très longtemps. On s'était dit à la blague qu'à la retraite, on s'achèterait une maison à 1 euro et qu'on la rénoverait. Un rêve fou lancé comme ça, pas très sérieusement. 


De retrour de ce beau voyage, la vie a repris son cours. Le travail, les enfants, la routine. Tranquillement, sans trop s'en rendre compte, on a commencé à trouver qu'on faisait du sur-place. 


Pourtant, on a atteint le rêve américain ici. Notre famille est complète, notre couple fonctionne bien, nous vivons dans une maison confortable dans un quartier que nous aimons. Quelle est donc cette culpabilité de trouver qu'il manque quelque chose? Pourquoi sent-on alors cette déconnexion? 


Ce qui nous pesait surtout ? La vitesse. Au Québec, tout va vite. Et même quand on essaie de ralentir, on a l'impression que c'est la société entière qui est faites pour aller plus vite. On avait envie de ralentir pour vrai. C'est là qu'on s'est demandé : pourquoi attendre la retraite ? 


On a vu des gens autour de nous arriver à ce moment-là avec plein de projets... et ne jamais les réaliser. Par fatigue, par santé, pour mille petites raisons. On avait envie de ne pas attendre. On a d'abord pensé au Portugal. Mais après un voyage là-bas, on a réalisé que la langue serait un vrai défi — pas impossible, mais exigeant. Et là, on n'avait juste pas envie de se compliquer la vie. Aujourd'hui, on hésite entre l'Italie et l'Espagne. L'Italie pour la culture, l'histoire, cette façon de vivre qu'on admire de loin depuis des années. L'Espagne pour le quotidien : la langue plus accessible, le rythme, l'immobilier. Les deux nous font rêver, mais différemment. 


Ce qui nous attire dans l'Europe en général ? Le rapport à la nourriture, au temps, au quotidien. Cette façon de manger lentement, de prendre une pause qui est vraiment une pause. Et oui, un coût de la vie un peu plus doux aussi — on ne cherche pas la perfection, juste quelque chose de plus équilibré. Nos filles font partie de tout ça, bien sûr. L'une est emballée. L'autre vit ça plus difficilement — elle est plus grande, et elle sait ce qu'elle laisse derrière : ses amies, ses repères. On ne minimise pas ça. 


Est-ce qu'on va revenir un jour ? On ne sait pas. On ne ferme aucune porte, mais on ne part pas non plus avec un pied encore ici. Ce qui nous anime surtout, c'est l'envie de recommencer quelque chose — ailleurs, autrement, à un autre rythme. On ne sait pas exactement où ça va mener. Mais rester exactement où on est... ça ne nous ressemble plus.

Érika

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