top of page

Voyage de repérage : pourquoi on pense que c'est non-négociable avant de partir pour de bon


Je suis allée en Espagne. Pas récemment, mais j'y suis allée. J'ai des images dans la tête, des souvenirs flous de rues ensoleillées, de terrasses, de la mer. C'était beau. J'ai adoré.

Mais j'y suis allée en vacances. La tête complètement ailleurs. Aucune partie de mon cerveau qui se demandait "est-ce que je pourrais vivre ici ?" Je regardais les paysages, je mangeais bien, je décrochais.

Seb, lui, n'y a jamais mis les pieds.

Et pourtant, on est en train de planifier de déménager là-bas à l'été 2027.

C'est un peu absurde dit de même. Alors on s'est dit que, avant d'aller plus loin dans les démarches, on avait besoin d'un voyage de repérage pour vrai. Pas des vacances. Un repérage. Avec nos lunettes de futurs résidents, pas de touristes.

On part en mai. Et en préparant ce trip, on a réalisé à quel point cette étape est souvent sous-estimée par ceux qui planifient une relocalisation. Voici pourquoi on pense que c'est non-négociable.


Aucune recherche en ligne ne remplace le feeling d'être quelque part pour vrai. De marcher dans les rues. De voir les gens. De sentir si ça fit avec ce qu'on est.

C'est pour ça qu'on pense que le voyage de repérage, c'est une étape obligatoire.


1. Voir un endroit en vacances, c'est pas le voir pour vrai

C'est la leçon numéro un que j'ai tirée de mes propres voyages en Espagne.

Quand t'es en mode vacances, tu remarques pas les mêmes choses. Tu te lèves tard. Tu manges au restaurant. Tu te promènes sans agenda. Le tempo est différent. Et c'est correct, c'est le but des vacances.

Mais la vie quotidienne ressemble pas à ça. La vie quotidienne, c'est le matin avec les enfants qui doivent être quelque part. C'est l'épicerie. C'est trouver un coin où s'installer avec son laptop sans vouloir arracher les oreilles à quelqu'un à cause du wifi.

Regarder une ville avec les yeux de quelqu'un qui va y vivre, c'est un regard complètement différent.


2. Les quartiers, ça se vit, ça se lit pas

Les descriptions en ligne sont toutes pareilles. "Quartier animé", "ambiance locale", "à deux pas de la mer". Ok. Mais c'est quoi concrètement ?

Est-ce que le quartier est calme le matin pour travailler ? Est-ce que c'est praticable à pied avec des enfants ? Est-ce que les commerces ferment en plein milieu de l'après-midi pour la sieste ?

Un repérage te permet de te lever le matin, de marcher vers le marché, d'acheter ton café, de t'asseoir sur une terrasse et de juste... observer. C'est là que tu commences à comprendre si tu peux vivre quelque part. Pas juste y passer.


3. La destination vacances et la destination vie, c'est souvent pas la même chose

C'est peut-être le point le plus important de toute la liste.

On peut tomber en amour avec un endroit en vacances et réaliser que l'idée de le vivre à l'année, c'est une autre affaire. L'inverse est aussi vrai : des coins qui nous auraient laissés froids en touristes peuvent se révéler parfaits pour s'installer.

On a des endroits qui nous font de l'effet sur papier et en photos. Mais est-ce qu'on va ressentir la même chose en novembre, quand c'est pas la haute saison, quand les enfants sont pas en mode plage, quand on a une deadline client et qu'on cherche juste un dépanneur à distance raisonnable ? C'est ce genre de questions auxquelles le repérage va nous aider à répondre.


4. Vous avez deux personnes avec des priorités différentes ? Encore plus important.

Seb veut la plage. Je suis attirée par les vieux quartiers, les ruelles, les sites historiques. On a deux filles. On a une business qui tourne entièrement en ligne.

Quatre réalités à réconcilier dans un seul choix de ville.

On aurait pu faire ça à distance, avec des cartes et des articles. On aurait probablement abouti sur un compromis théorique qui aurait l'air logique sur papier.

Mais un repérage ensemble, ça permet de vivre les options pour vrai et de voir ce qui ressort naturellement. Peut-être qu'une ville qu'on n'avait pas considérée va s'imposer. Peut-être qu'un endroit qu'on avait idéalisé va nous sembler moins évident une fois sur place. C'est ça qu'on veut découvrir.


5. La logistique réelle vs la logistique Google Maps

Internet dans l'appartement. Épicerie à distance raisonnable. Transport en commun si vous décidez de ne pas avoir de voiture. École si vous avez des enfants.

Sur Google Maps, tout a l'air à distance de marche. Dans la réalité, la "petite colline" entre votre appart et la plage, c'est peut-être une ascension cardio quotidienne.

Le repérage, c'est aller vérifier tout ça avec vos propres jambes. Prendre le bus pour vrai. Aller au supermarché pour vrai. Calculer combien de temps ça prend pour aller où vous avez besoin d'aller. Pas selon l'algorithme. Selon votre propre rythme.


6. Tester son mode de travail dans un nouveau contexte

On travaille à distance. Notre business tourne entièrement en ligne. Techniquement, on peut travailler de n'importe où.

Techniquement.

Parce que "travailler de n'importe où" et "travailler efficacement de n'importe où avec deux enfants dans un appartement loué et un fuseau horaire différent", c'est pas pareil.

Pendant le repérage, on va essauer de tester la connexion, voir si on est capables de maintenir notre rythme malgré le changement d'environnement.

C'est une donnée qu'on peut pas avoir autrement.


7. La langue et la culture, ça se teste aussi

L'espagnol, ça aide. Mais combien on en a besoin pour fonctionner au quotidien ? Est-ce qu'on va stresser chaque fois qu'on a besoin d'appeler un plombier ? Est-ce que les interactions du quotidien vont nous mettre à l'aise ou nous épuiser ?

Le repérage, c'est une chance de tester ça sans pression. On est des touristes, ça pardonne beaucoup. Mais on va quand même sentir si la barrière linguistique c'est quelque chose qui pèse ou quelque chose qu'on trouve stimulant.

Pour Seb qui n'a jamais mis les pieds là-bas, c'est un premier contact avec la réalité du terrain. Pour moi, c'est voir tout ça avec un regard complètement différent de mes voyages précédents.


8. Revenir avec de vraies questions, pas juste des suppositions

Le repérage ne va pas répondre à toutes nos questions. Il va probablement en créer de nouvelles. Et c'est exactement ce qu'il doit faire.

Avant de partir, on a des suppositions. En revenant, on veut avoir des questions précises. Des décisions à prendre avec du vrai contenu dans les mains.

Est-ce qu'on préfère être proche d'une grande ville ou dans un village ? Est-ce qu'on veut louer à l'année ou commencer par quelques mois ? Est-ce que notre budget tient la route une fois qu'on a vu les prix pour vrai, pas juste en ligne ?

Revenir avec des questions concrètes, c'est signe que le voyage a fait son travail.


Ce qu'on conseille si vous planifiez le vôtre

  • Restez au moins 14 jours. Moins que ça, vous êtes encore en mode touriste. Les patterns du quotidien se voient pas en 3 jours.

  • Visitez plus d'un endroit si possible. La comparaison, ça aide à clarifier.

  • Évitez le tout-inclus et les hôtels. Louez un appartement. Faites votre épicerie. Cuisinez. Vivez là-dedans.

  • Travaillez au moins une demi-journée par jour. Pour tester votre réalité, pas juste la version vacances.

  • Prenez des notes après chaque journée. Le feeling s'efface vite. Écrivez-le pendant que c'est frais.

  • Impliquez vos enfants dans la conversation. Leurs observations sont souvent les plus honnêtes.


En terminant

On n'a pas encore fait notre repérage. On part en mai et on a clairement hâte, mais on a aussi un peu peur. Parce que ce voyage-là, c'est pas des vacances. C'est le moment où le projet devient réel.

Et c'est exactement pour ça qu'on pense que vous devriez en faire un vous aussi avant de prendre votre décision finale. Parce qu'au bout du compte, vous allez vivre là. Pas visiter. Vivre.

Ça vaut la peine de le savoir avant de signer quoi que ce soit.


Des questions sur votre propre projet ? Rejoignez la communauté Expats Québec.


 
 
 

Commentaires


bottom of page