Banque

Ouvrir un compte bancaire à l’étranger

Dans la plupart des pays, il te faudra un compte local assez vite : pour signer un bail, recevoir un salaire, payer l’électricité ou prouver tes revenus au moment de renouveler ton visa. Ton compte au Québec reste quand même utile pendant des années, pour tes rentes, tes remboursements d’impôt et tes paiements qui restent au Canada.

Le but est donc d’avoir deux comptes qui fonctionnent bien ensemble, et un moyen peu coûteux de faire passer ton argent de l’un à l’autre. Voici l’ordre qu’on te suggère.

Notre astuce d’expats : Ouvre ton compte multidevise quelques semaines avant le départ et transfères-y une petite somme test. Au moment de payer la caution de ton appartement ou tes premiers frais de visa, tu sauras exactement combien de temps prend un virement et ce qu’il te coûte.

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Prévenir ta banque au Québec avant de partir

Garde au moins un compte au Québec. Avise ta banque de ta date de départ et de ton nouveau statut : quand tu deviens non-résident du Canada, elle doit appliquer d’autres règles fiscales, par exemple une retenue d’impôt sur certains revenus de placement, et certains produits ou services en ligne peuvent être limités.

Vérifie aussi ce qui arrive à tes comptes enregistrés. Tu peux en général garder ton REER (régime enregistré d’épargne-retraite) et ton CELI (compte d’épargne libre d’impôt), mais une cotisation au CELI faite pendant que tu es non-résident entraîne une pénalité. Fais le point avec ta banque ou un fiscaliste avant de partir.

Pense à l’accès : active l’authentification par application plutôt que par texto si ton numéro canadien risque de fermer, et note les numéros pour joindre ta banque de l’étranger.

Rassembler les documents exigés sur place

Les banques demandent presque toujours ton passeport, ton visa ou ton permis de séjour, une preuve d’adresse (bail ou facture) et ton numéro d’identification fiscale local : le NIE (numéro d’identité d’étranger) en Espagne, le NIF (numéro d’identification fiscale) au Portugal, le codice fiscale en Italie ou le RFC (registre fédéral des contribuables) au Mexique. Certaines veulent aussi une preuve de revenus ou ton contrat de travail.

Le piège classique : le propriétaire veut un compte local pour signer le bail, et la banque veut un bail pour ouvrir le compte. Plusieurs pays offrent un compte pour non-résidents (en Espagne, la cuenta de no residente), qu’on peut ouvrir avant d’avoir une adresse permanente, puis convertir en compte de résident plus tard.

Apporte des copies papier et numériques de tout. Dans certaines banques, chaque document doit être traduit ou apostillé : demande la liste exacte à l’agence avant ton rendez-vous.

Remplir l’autocertification de résidence fiscale

En ouvrant ton compte, la banque te fera signer une déclaration sur ta résidence fiscale. C’est exigé par la Norme commune de déclaration (NCD, ou CRS en anglais), un accord entre plus de cent pays, dont le Canada, pour échanger les renseignements sur les comptes des non-résidents.

Concrètement, la banque peut transmettre le solde et les revenus de ton compte à l’administration fiscale du pays où tu es résident. Déclare ta situation exacte : si tu es encore résident du Canada, indique ton NAS (numéro d’assurance sociale). Une incohérence entre tes déclarations est justement ce qui attire l’attention.

Choisir entre banque traditionnelle et banque en ligne

Une banque traditionnelle du pays est souvent nécessaire pour un prêt hypothécaire, certains baux ou le dépôt d’un salaire. L’ouverture prend plus de temps et les frais mensuels sont parfois plus élevés qu’au Québec.

Les comptes en ligne et multidevises s’ouvrent en quelques jours et sont pratiques pour les premières semaines. Vérifie deux choses : s’ils acceptent les résidents de ton futur pays, et le pays de ton IBAN (numéro de compte bancaire international), car certains employeurs ou propriétaires exigent un IBAN local.

Beaucoup d’expats combinent les deux : un compte multidevise ouvert avant le départ, puis un compte local une fois l’adresse obtenue.

Transférer ton argent sans perdre au change

Sur un virement international, le coût réel combine les frais de virement et la marge prise sur le taux de change, souvent cachée dans un taux moins bon que le taux du marché. Compare toujours le montant final reçu, pas seulement les frais affichés.

Pour un gros montant, comme le produit de la vente de ta maison, fais une simulation auprès de deux ou trois services et pense à étaler les virements si le taux bouge beaucoup. Garde toutes les confirmations : plusieurs visas demandent de prouver l’origine et le montant de tes fonds.

Tes comptes à l’étranger pendant que tu es encore résident

Si tu ouvres un compte à l’étranger alors que tu es encore résident du Canada, les intérêts que tu y gagnes doivent être déclarés dans ta déclaration de revenus canadienne.

Et si le coût total de tes biens à l’étranger (comptes, placements, immeubles qui ne sont pas à usage personnel) dépasse 100 000 $ à un moment de l’année, tu dois produire le formulaire T1135 de l’Agence du revenu du Canada. Une fois non-résident, cette obligation ne s’applique plus.

Pour les virements, on utilise Wise* : le taux de change réel et des frais affichés d’avance.
* Lien partenaire : Expats Québ reçoit une petite commission, sans frais de plus pour toi.

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